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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 19:23

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Photo de Jean-Noël Portmann

 


"C'est encore un autre type d'écriture que j'ai appris pendant ces années : celle de l'espace et de l'image, lorsque je sculpte et raconte grâce à mes pinceaux de lumière."

 

 

Archessia : Bonjour Manon ! Merci beaucoup de nous accorder de ton précieux temps pour cette interview. Tout d'abord, est-ce que tu veux bien te présenter aux lecteurs ?

 

Manon Fargetton : En quelques mots : Manon, 25 ans, titulaire d'un master d'études théâtrales, régisseuse lumière au théâtre et écrivain (mes deux jobs, et j'aime autant l'un que l'autre!), touche-à-tout « légèrement » hyperactive, donc la plupart du temps « légèrement » épuisée !

 

A : Quel est ton parcours jusqu'ici ? Les tomes de June sont-ils tes premiers écrits ?

 

M.F. : Hum... j'ai un peu de mal avec les lignes droites, et si je t'explique mon parcours de but en blanc, tu risques d'avoir du mal à discerner sa cohérence. Pourtant, elle est assez simple : j'ai un centre, l'écriture, et tout le reste s'organise autour.

J'ai commencé à écrire des poèmes et des chansons dès que j'ai su tenir un stylo. Deux ans plus tard, j'ai commencé le violoncelle, et j'ai découvert une autre forme d'écriture : ce qui était auparavant intuitif, improvisations vocales et babillages débridés qui saoulaient toute ma famille, est devenu structuré, précis dans sa folie, langage magique de signes et de gestes pour faire sonner mon ami de bois. La danse, et beaucoup plus tard les arts martiaux, m'ont initiés à une langue encore différente – bien que déjà pressentie dans le rapport que j'avais à mon instrument : celle du corps, des corps, du mouvement.

Et puis un jour, empêtrée dans les choix concernant mon avenir, j'ai eu une l'idée qui a été à l'origine de mon premier roman : et si notre métier était déterminé en fonction de notre date de naissance ? Ce serait plus simple, non ? Plus besoin de se creuser la tête pour savoir ce qu'on va faire de sa vie... Aussi libres qu'un rêve était né, il ne me restait plus qu'à l'écrire, ce que j'ai fait durant mon année de terminale. Il est sorti quelques mois plus tard dans la collection Autres Mondes des éditions Mango, en 2006. (entre temps, j'ai aussi écrit un poème, L'Autre, qui a ouvert l'anthologie Premier Contact, publié dans la même collection en 2005)

Mon bac S en poche, j'ai passé deux ans à Nantes pour apprendre le travail de la lumière au théâtre. Mon intérêt pour la scène viens de loin – mes premiers gala de danse, les concerts auxquels j'ai participé durant tout mon cursus au conservatoire de musique... Mais à ce moment là, je n'avais pas envie d'être sur la scène : je voulais la voir. Dessiner les corps et les choses. Les transformer. C'est encore un autre type d'écriture que j'ai appris pendant ces années : celle de l'espace et de l'image, lorsque je sculpte et raconte grâce à mes pinceaux de lumière.

Seulement voilà, en sortant de ces études avec mon diplôme de régie lumière, j'avais dix-neuf ans et aucune envie d'entrer dans la « vie active » ! Et puis à force de travailler avec des comédiens, des metteurs en scène, l'idée d'expérimenter à mon tour le jeu dramatique me titillait. J'y ai cédé avec bonheur ! Déménagement à Paris, fac et conservatoire en parallèle jusqu'à l'obtention de mon master. Comme tout ça ne contentait pas encore ma soif de remue-méninge, j'ai réembarqué mon imaginaire dans un projet de roman : June.

 

A : Instant promo ! Que dirais-tu pour donner envie aux lecteurs qui ne connaissent pas encore June et son incroyable destinée ?

 

M.F. : Hum. La promo est probablement la part du travail d'écrivain avec laquelle je me sens le moins à l'aise... Mais je pourrais dire deux choses : la première, c'est que mon besoin d'écrire vient de mon besoin de rêver, et ce qui m'importe vraiment quand j'écris, c'est de trouver le meilleur moyen de partager ces rêves, de les faire ressentir à d'autres. Ça ne veut pas dire que j'y parviens à tous les coups. Mais j'essaye de tout mon cœur ! La deuxième chose que je pourrais dire, c'est que sur ce projet, j'ai essayer de faire chanter chaque page, chaque phrase, chaque mot. Et cette musique-là, ces sons qui viennent du dedans de moi, ils sont ce que j'ai de plus sincère à donner.

 

June

 

"Un poème, une chanson, c'est un concentré d'émotions et d'images, de son et de tempo."

 

A : L'univers de June est original, riche et difficilement classable dans une seule catégorie. Le décrirais-tu comme Fantasy ? Dystopique ? Quelles sont tes sources d'inspiration pour sa création ?

 

M.F. : Après avoir découvert les méandres de mon parcours, tu dois te douter que j'ai un peu de mal avec les étiquettes et les petites cases... Tu cites la fantasy et la dystopie, mais si on va chercher la petite bête, on peut aussi trouver dans June des éléments de merveilleux, sans parler des poèmes qui font partie intégrante de l'histoire. Quand j'en parle, je simplifie en parlant de fantasy, mais ce n'est en effet pas complètement exacte... Disons que j'ai fait ma petite cuisine perso !

Mes sources d'inspirations sur ce projet sont nombreuses, et je ne suis probablement pas consciente de la moitié d'entre elles... Je ne vais citer que les plus évidentes : la trilogie des royaumes du nord de Philip Pullman qui m'a fait rêvé d'aurore boréales bien avant que j'en contemple de mes propres yeux. Les bateaux volants, eux, viennent à coup sûr des magnifiques illustrations de L'épave du Zéphyr (Chris Van Allsburg) que j'ai lu des centaines de fois quand j'étais petite. Il y a aussi, je pense, l'influence des album de Claude Ponti (l'arbre-bibliothèque, par exemple, est un lieu très « pontiesque »!). Je pourrais citer des dizaines de romans, musiques, films, séries, bd, mais je vais m'arrêter là pour le moment.

 

A : As-tu dû faire des recherches spécifiques pour cette série ?

 

M.F. : Pas que je me souvienne... à part de considérer que ma vie entière est une recherche (!), puisque je me suis servie de connaissances engrangées depuis des années, que ce soit grâce à la musique, l'équitation, les arts martiaux...

 

A : Ton écriture est très poétique et légère, tout en étant très chargée en émotions. Est-ce « ton style » qui te viens naturellement, ou est-ce une plume travaillée pour June ?

 

M.F. : Un peu des deux... je viens de la poésie, j'ai écrit exclusivement des rimes de sept à seize ans. Travailler les mots et les phrases dans des formes très courtes, avec des contraintes omniprésentes de pieds et de sonorité a modelé mon écriture. Un poème, une chanson, c'est un concentré d'émotions et d'images, de son et de tempo.

Mais c'est aussi l'histoire qui se prête à ce type d'écriture. En inventant June, j'ai eu l'impression de composer un très long poème. Récemment, j'ai écrit un thriller, et ma manière d'écrire s'est modulée pour répondre a une contrainte de rythme très différente... Et je dois avouer que je me suis éclatée ! L'histoire, les personnages, dictent forcément un style d'écriture spécifique.

 

A : Deux tomes déjà sortis, qu'est-ce que ce titre nous réserve pour la suite ?

 

M.F. : Que du bon, je l'espère ! Des réponses aux questions, une rencontre avec les rôdeurs que j'évoque depuis le premier tome, une conclusion en feu d'artifice doux-amer.

Malheureusement, ça va prendre un peu de temps. Comme je l'ai déjà expliqué sur ma page facebook, les réalité économiques de l'édition font que Mango ne sortira pas le troisième tome de la série, car ils perdraient nécessairement de l'argent dessus. Je suis actuellement en discussion avec une autre maison d'édition qui reprendrait la série en poche, avec le troisième tome inédit. Ce qui est génial, c'est que je vais avoir l'opportunité de retravailler les textes des deux premiers tomes. Par contre la paperasserie juridique prend un temps fou, et tant que rien n'est signé, rien n'est sûr (et encore, même une fois que c'est signé... ). Bref, je croise les doigts en espérant que ça se fasse, parce que j'ai vraiment envie de donner cette fin à mes lecteurs, surtout qu'elle est déjà écrite ! Si tout se déroule bien, les trois tomes devraient sortir au premier semestre 2014.

 

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"Mais une fois encore, les livres qui ont façonnés durablement mon imaginaire sont les albums que j'ai lu lorsque j'étais petite."

 

A : As-tu des « rituels » pendant que tu écris ? Des habitudes de dédicaces, des anecdotes à raconter ?

 

M.F. : J'ai eu des rituels d'écriture (bougie allumée sur le bureau, par exemple). Aujourd'hui, je n'en ai plus : les rituels ont volés en éclat lorsque j'ai commencé à travailler en régie lumière, j'avais beaucoup moins de temps devant moi, j'étais souvent en vadrouille et me retrouvais à écrire dans des gares, des aéroports, des villes ou des appartements inconnus. J'ai dû m'adapter. Je suis maintenant capable d'écrire à peu près n'importe où, sauf dans des lieux trop petits où mon regard est constamment bloqué par des murs. S'il y a du bruit, j'ai besoin de musique pour créer ma bulle et ne pas disperser mon attention. J'aime écrire en journée, durant des sessions de deux à cinq heures, dans des lieux « neutres » comme des cafés. Je ne travaille le soir que lorsque j'ai une deadline qui se rapproche et que je suis en retard, ce qui est très rare.

En dédicace, je n'ai qu'une seule habitude, une question que j'aime poser aux gens qui viennent me voir :  qui es-tu ? J'aime cette question, parce qu'elle est ouverte. Souvent, les lecteurs commencent par me donner leur prénom, croyant que c'est ce que je leur demande pour écrire la dédicace. Et puis lorsqu'ils s'aperçoivent que mon questionnement est bien plus vaste, les mots affleurent, se déversent parfois, avec pudeur et humour, et ça donne de beaux moments d'échange.

 

A : On voit de plus en plus de jeunes, dont la plume les démange, vouloir se faire éditer. Étant toi-même une jeune auteur, peux-tu nous parler de ton parcours ? Aurais-tu des conseils pour ceux qui veulent voir leurs histoires publiées ?

 

M.F. : Les parcours qui mènent à la publication sont tous différents. Personnellement, je ne suis jamais passée par la case « envoie de manuscrits aux éditeurs et lettres de refus en pagaille ». En fait, pour mon premier roman, j'ai rencontré l'éditeur lors d'un salon du livre et j'ai commencé à travailler avec lui dès le tout début de la rédaction du manuscrit, au départ juste à titre de conseil, sans promesse de publication. Comme ça tenait la route, il a décidé de le sortir. Ça s'est donc fait de manière assez fluide.

Les conseils que je pourrais donner sont les mêmes que la plupart des écrivains : d'abord, écrire. Écrire, écrire, écrire. Parce que c'est le seul moyen pour écrire mieux. Ensuite, bien cibler les quelques collections au sein desquelles votre histoire pourrait trouver sa place. Faire relire son texte un bon paquet de fois à des personnes différentes avant de l'envoyer. Et je rajouterais, puisque c'est mon expérience : allez sur les salons du livre rencontrer les éditeurs. Google est parfait pour trouver quelle personne de telle ou telle maison d'édition vous devez aller voir, et vous pourrez même y trouver des photos de la dite personne, comme ça vous êtes sûr de ne pas vous tromper d'interlocuteur ! Généralement, ils sont présents sur les stands, et si vous discutez un moment avec eux (en leur remettant le manuscrit sur le moment ou simplement en annonçant qu'il va arriver dans leur boîte aux lettres), ils se souviendront de vous et vous éviterez peut-être quelques intermédiaires...

 

A : As-tu d'autres projets d'écriture sous le coude ? Penses-tu à l'après June ?

 

M.F. : Non seulement j'y pense, mais je suis en plein dedans ! J'ai terminé le troisième tome de June en décembre dernier. Depuis, j'ai écrit un thriller jeunesse qui, après quelques aller-retours de retravaille avec l'éditeur, devrait sortir en tout début d'année prochaine. Et je suis actuellement occupée par les notes préparatoires à un gigantesque projet de fantasy qui me trotte dans la tête depuis un moment. Je commence à peine à l'écrire. Pour l'instant, ça s'appelle « Ombre, l'héritage des rois-passeurs ». Et histoire de te mettre l'eau à la bouche, je te donne le pitch en exclu, mais c'est bien parce que c'est toi ! ;)

 

"La dernière héritière d'une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l'éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d'Ombre.

Voici l'histoire de deux femmes. De deux mondes imbriqués. De deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d'Ombre.

Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?"

 

Alors, tentée ? (A : Oui, beaucoup !  =D  Et merci pour l'exclu ! ^^ ) Bon, évidemment, tout ça peut encore changer, hein...

 

A : En tant que lectrice, quels sont les titres qui t'ont marqués ? Tes auteurs favoris ?

 

M.F. : À part ceux que j'ai cité plus haut pour les influences de June (Pullman, Ponti...), beaucoup d'auteurs m'ont marqués, à différentes époques de ma vie.

En fantasy « adulte », c'est incontestablement les lectures Raymond E. Feist dont le souvenir est le plus fort, et tout particulièrement la Trilogie de l'Empire. Dune (Herbert) aussi, que je ne me lasse pas de relire.

En littérature « blanche », je pourrais citer les romans de Laurent Mauvignier dont l'écriture me retourne le ventre, les pièces de Sarah Kane, Antigone de Brecht, les textes d'Henry Bauchau (son Œdipe sur la route a été une claque magistrale), tous les textes de Jack London qui parlent du grand Nord...

Mais une fois encore, les livres qui ont façonnés durablement mon imaginaire sont les albums que j'ai lu lorsque j'étais petite.

 

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A : Et pour conclure, y a-t-il une question que l’on ne t’a jamais posée et à laquelle tu adorerais répondre ?

 

M.F. : Alors. Heu...

*se ronge les ongles*

...

*maudit l'auteur de l'interview jusqu'à la millième génération*

...

*naaaan, j'déconne !*

Ah, je sais ! On ne m'a jamais demandé à quel personnage de June je m'identifiais le plus pendant l'écriture. Probablement parce que la plupart des lecteurs imaginent que c'est June, alors qu'il y a autant de moi en June qu'en Locki, Nathanaël ou le Veilleur de Lumière. Alors voilà, révélation : le personnage auquel je me suis le plus identifié au cours de l'écriture, c'est Bii. Oui, vous avez bien lu. La petite boule de poils qui suit June à la trace, c'est moi. Voilà voilà... ^^

 

Sur ce, merci beaucoup pour cet interview Archessia, et à très vite !

 

A : Un énorme merci à toi ! Bonne chance et bon courage pour la suite, et à très bientôt !

 

La page Facebook de Manon Fargetton

 

Ma chronique de June - Tome 1, et le Tome 2.

 

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Published by Archessia - dans Interview
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 14:08

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"L'écriture, c'est plus qu'une histoire d'amour, c'est l'histoire de ma vie !"

 

Archessia : Bonjour Sophie ! Tout d’abord, mille mercis de nous accorder de ton temps pour répondre à cette interview. Pour commencer, est-ce que tu veux bien te présenter aux lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

 

Sophie Dabat : Alors, pour me présenter, je suis un mix entre Marylin Monroe et Noomi Rapace, avec l'humour de Tanrantino. (On peut rêver, hein !) à part ça, mon ego va bien, merci ! Sinon, j'ai 34 ans, je suis marseillaise (d'adoption) émigrée en Bretagne depuis dix ans, maman adoptive d'une ménagerie assez conséquente et biologique d'une adorable petite fille qui nous fait courir dans tous les sens en permanence. Mon compagnon travaille, comme moi, dans notre petite longère (encore en travaux) perdue en pleine campagne et nous courons après le temps. Sinon, comme je ne dépasse pas le 1m60, si vous voulez être sûrs de me voir à un salon, cherchez les fringues les plus colorées que vous verrez, ou des cheveux d'une couleur bizarre avec quelques piercings et tatouages en plus, il y aura de fortes chances que ce soit moi !

Mais bon, pour me connaître, le mieux, c'est de lire le Sang des Chimères, il y a énormément de vécu dedans, que ce soit dans les lieux, les relations familiales, les questionnements identitaires ou même certains personnages !

 

A : J’avoue honteusement n’avoir lu de toi que le premier tome du Sang des Chimères. Mais ce n’est pas ta première publication, alors Sophie Dabat, elle écrit quoi ?

 

S.D. : J'ai envie de dire « de tout et de n'importe quoi » ? En général, j'écris beaucoup de nouvelles (énormément, même), mais j'ai plusieurs romans sous le coude (dont un énorme pavé de fantasy que je dois retravailler et les suites du Sang des Chimères), dans des univers très différents. Au début, j'ai écrit énormément de fantasy (en même temps, c'est surtout ce que je lisais), mais au fil du temps, je me suis petit à petit réorientée vers le fantastique, qui me semble plus naturel. J'ai parfois écrit du polar et de l'horreur, mais c'est assez rare, je m'y sens moins à l'aise (et surtout, je déteste relire des scènes d'horreur. Imaginer que c'est moi qui ai écrit ces monstruosités me fait peur !) En fait, le point commun de toutes mes histoires, c'est qu'il s'agit presque toujours de personnages féminins dotés d'un passé douloureux. Et il ne leur arrive que des catastrophes !

 

A : Parle-nous un peu de ton parcours. L’écriture, c’est une longue histoire d’amour ? Cela a-t’il été facile pour toi de te faire publier ?

 

S.D. : L'écriture, c'est plus qu'une histoire d'amour, c'est l'histoire de ma vie ! J'ai commencé à écrire quand j'ai découvert Roald Dahl, au primaire ! J'ai commencé à écrire l'histoire de ma famille dans un journal (soyons honnêtes : trois paragraphes et ça s'est arrêté là), mais j'ai toujours plus ou moins gribouillé un peu (dont d'immondes poèmes baudelairiens à l'adolescence, que personne ne verra jamais) et ce n'est que le jour où mon chéri, excédé de m'entendre critiquer les textes que je lisais, m'a dit « qu'est-ce que t'attends pour t'y mettre, alors ? » L'instant suivant, il était sous la douche et moi au clavier. Depuis, je n'ai jamais arrêté. Le texte entamé alors est resté (et restera) inachevé, mais un an et une dizaine de soumissions infructueuses à des AT plus tard, c'était le fanzine Coprophanaeus qui accueillait ma première nouvelle...

 

 

A : Revenons au Sang des Chimères. Ce livre est d’abord sorti sous le nom de Changelins : Evolution, chez Black Book Éditions. Ce 30 mai, il sera réédité aux Éditions Du Riez. Tu nous explique un peu comment cela s’est déroulé ?

 

S.D. : En fait, la sortie du T2 était prévue chez Black Book, mais les retards se sont accumulés, accumulés, accumulés, avec différents soucis à chaque fois. Au bout d'un moment j'ai fini par ne plus y croire. Comme le départ de Coralie David, la directrice de collection (qui fait à présent des merveilles chez Mnémos) a sonné le glas des romans chez BBE, je me suis décidée à chercher un autre éditeur. Et là, ce sont les Éditions Du Riez qui m'ont fait la joie d'accepter de reprendre la série. Et ça se passe très bien, merci ! Du coup, le T2 sort beaucoup plus tard que ce qui était prévu à la base, mais il sort, et il sort de façon qualitative, donc ça me fait très plaisir, je déteste l'idée d'une série arrêtée en plein milieu !

 

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"Moi, s'il m'arrivait un truc pareil, je flipperais grave et je me demanderais d'abord si je n'ai pas besoin d'une camisole de force, avant de me prendre pour un super-héros."

 

A : L’histoire de Syrine est très originale, mêlant habilement plusieurs genres et jouant avec les codes du fantastique « adolescent » avec brio. Comment t’es venue cette histoire très atypique ? As-tu des sources d’inspiration ? As-tu dû faire des recherches spécifiques ?

 

S.D. : Je n'ai pas fait de recherches spécifiques pour le T1 et 2, juste pour le 3, qui se déroule dans un cadre totalement différent. Mais pour le début, je suis partie d'environnements que je connaissais (Marseille, Rennes, la Bretagne), et ai fait balader mes personnages dans des endroits que j'aimais ou qui m'ont marquée. Ça m'a permis de rendre les choses plus vivantes, de mieux me les représenter en esprit.

Concernant l'histoire, elle est venue tout simplement comme d'habitude d'une image : une jeune fille qui se faisait pousser d'une falaise par des inconnus menaçants. Au dernier moment, elle parvenait à ne pas s'écraser au sol grâce à des ailes de chauve-souris. Tout le reste s'est articulé autour de cette vision...

Pour les personnages, ils se sont imposés d'eux-mêmes. Je n'avais pas prévu que Syrine serait pleurnicharde, ni qu'Agnès se montrerait une telle peste ! Mais les circonstances les ont poussées à évoluer différemment et c'est elles, finalement, qui m'ont guidée pour la suite.

 

A : L’ambiance générale de ce tome est quelque fois malsaines, très sombres, et certaines scènes sont même assez gores. N’avais-tu pas peur que ces éléments reçoivent un mauvais accueil ?

 

S.D. : C'est possible, mais je prends le risque ! J'ai toujours eu beaucoup de mal avec toutes ces histoires où les personnages subissent un nombre incalculable de transformations, de changements, découvrent un univers parallèle et plein de créatures surnaturelles, le tout sans se poser de questions (ou peu)... je ne trouve pas ça très crédible. Moi, s'il m'arrivait un truc pareil, je flipperais grave et je me demanderais d'abord si je n'ai pas besoin d'une camisole de force, avant de me prendre pour un super-héros. Donc j'ai essayé de retranscrire ça.

Après, j'avoue, certaines scènes un peu gore... c'était juste pour m'amuser ! (le coup de la cervelle crue, par exemple !)

 

 

A : Sais-tu déjà comment se terminera l’histoire de Syrine ? Combien y aura-t-il de tome au total ?

 

S.D. : Il y aura 3 tomes, et tout est quasiment déjà écrit. À l'heure actuelle, le T3 est écrit à moitié, et tout le synopsis est prêt. J'ai des éléments à rajouter, dans un fichier séparé, et la fin est déjà notée. « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Comment ça, ça colle pas ? « Ils moururent tous à part ceux qui finirent en asile psychiatrique », c'est mieux ? Je n'en dirai pas plus, mais à la fin du T2, je savais déjà comment finiraient la plupart des personnages, le tout était de les y amener et ils semblent s'y diriger bien gentiment, même si une petite japonaise qui n'était pas prévue au programme a réussi à s'immiscer dans l'histoire et semble décidée à chambouler beaucoup de choses...

 

A : Est-ce que je peux te soutirer des infos pour la suite ? Et sinon, as-tu d’autres projets en cours ou à venir ?

 

S.D. : Hé hé hé. Des infos, que dire ? Oui. Il y a des scènes d'amour dans le tome deux, mais pas exactement ce à quoi on pourrait s'attendre ! Et certaines personnes se reconnaîtront peut-être, ou reconnaîtront des lieux, car je me suis amusée à faire figurer des endroits que j'adorais à l'intérieur. Quant au tome trois, il n'est pas encore achevé, mais il se raccroche plus à l'actualité, donc j'espère que les gens accrocheront.

Quant aux autres projets en cours, oui, j'en ai !

Un gros projet de série en cours d'écriture qui partait pour être de la bit-lit, mais qui semble plutôt s'orienter fantasy urbaine, avec une héroïne particulièrement grande-gueule et amochée par la vie, et un univers assez sombre, encore ! Mais cette fois, c'est adulte, avec du sexe, du sang et de la violence (sans pour autant me transformer en Tarantino, même si j'adorerais !) Il y a déjà un éditeur intéressé. Et d'autres projets, quasiment au même stade, un diptyque de romance fantastique pour YA en court d'écriture, et plusieurs autres projets, mais qui ne sont qu'au stade du synopsis. Comme je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire, je note tout ce qui me passe par la tête et je construits mes scénarios au fur et à mesure, histoire de pas oublier mes idées et de pouvoir piocher dedans quand le planning se libère.

(update : Sophie précise qu'elle a également un recueil qui sort l'année prochaine aux Éditions du Chat Noir et qu'elle aura également quelques nouvelles publiées dans des anthologies à venir)

 

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"Je peux juste dire que j'ai écrit ce roman avec mes tripes, avec pas mal de vécu et beaucoup d'intensité, et j'espère que ça se ressent à la lecture..."

 

A : Il y a une sacrée différence entre les couvertures de l’édition de Black Book et de celle Du Riez. As-tu eu ton mot à dire pour leurs choix ?

 

S.D. : Oui, Alexis (des éditions du Riez) et Alexandra (l'illustratrice) ont tous deux eu la gentillesse de me demander mon avis ! (exactement comme ça s'était passé lors de la précédente édition, d'ailleurs.) La différence de visuel est une volonté commune : changement de format, changement d'éditeur... il était logique de se démarquer au maximum de ce qui avait déjà été fait. D'autant plus que cela permet aussi de montrer un autre aspect de l'histoire, de mettre en valeur une ambiance plus orientée YA, mais qui correspond aussi à l'intrigue. C'est très enrichissant, pour moi, d'autant plus que ça me permet de voir comment diverses personnes perçoivent mon univers.

 

A : Instant voyeur : comment se déroule une journée type pour toi ? As-tu des « rituels », des habitudes dans ton travail d’écriture ou en dédicaces ?

 

S.D. : Ouille ! C'est là que je vais me fâcher ! Une journée type, pour moi, ça n'existe pas ! Je cumule les fonctions de traductrice/correctrice (vous savez, ces gens qui travaillent jour et nuit devant leur ordi sans mettre le nez dehors de la semaine), de maman (qui garde donc une petite fille très énergique), de gestionnaire de chenil (au total, deux chiens, trois chats et deux lapins, tous avec leurs petits trucs et problèmes de santé), de (plus ou moins) bonne ménagère et de coordinatrice de travaux *regard noir en direction des outils abandonnés depuis un bon moment*. Heureusement, je ne suis pas seule : mon compagnon fait exactement la même chose (remplacer « traductrice/correctrice » par « designer graphique » et « maman » par « papa »), ce qui fait qu'on arrive à se relayer par demi-journées pour garder notre mini-nous et travailler le reste du temps (en rattrapant le retard la nuit, pendant le sommeil du monstre). Donc l'écriture, c'est en pointillés, quand j'arrive à grapiller quelques heures de disponible ou que je suis au bord de la crise de nerfs. Et non, je n'ai pas de rituel : l'écriture, c'est mon rituel. Je relis le synopsis, je regarde où je m'étais arrêtée, et en général, ça suffit pour me plonger dans l'ambiance. Du moment que j'ai un silence complet. La musique, la sonnerie du téléphone ou le bébé qui hurle, ça réveille en moi des pulsions meurtrières !

 

A :  As-tu des auteurs favoris ? Des livres qui t’ont marqués dans ta vie ?

 

S.D. : La liste est trop longue !

Les livres qui m'ont marquée le plus, c'est déjà David Eddings, dont la Belgariade et la Mallorée m'ont à la fois fait découvrir les littératures de l'imaginaire et l'anglais ! (je n'avais pas la patience d'attendre deux ans pour découvrir la suite !)

Ensuite, il y a eu Allan Poe, Balzac et Théophile Gauthier, dont les oeuvres ont absorbé une bonne partie de mon adolescence. Puis Anne Rice, forcément, et Poppy Z. Brite... Bien entendu, moi qui qui fascinée par les histoires de femmes, j'ai adoré me plonger dans Ténébreuse, de Marion Zimmer Bradley, dans Pern, d'Anne McCaffrey, les chroniques des Cheysulis de Jennifer Robertson et Valdemar de Mercedes Lackey ! Je crois d'ailleurs que je ne tarderai pas à me replonger dans tous ces cycle. Certains ont vieilli, mais je ne m'en lasse pas.

 

A : Moment promo ! Que dirais-tu aux lecteurs pour leur donner envie de lire ton livre ?

 

S.D. : Adoptez-moi ! Je suis gentille, je fais des dédicaces, des sourires et des gâteaux, j'ai des animaux trop choupi, à vot'bon cœur !

Ça marche, comme technique ?

Sinon, que dire ? Je ne suis pas du tout quelqu'un de commercial, je serais bien incapable de pondre un argumentaire pour me vendre !

Je peux juste dire que j'ai écrit ce roman avec mes tripes, avec pas mal de vécu et beaucoup d'intensité, et j'espère que ça se ressent à la lecture...

Si, quand même, j'ai un argument ! Plein de personnes m'ont dit que ça les tentait, mais que le côté « bit-lit » les décourageait. Sauf que ce n'est pas exactement de la bit-lit : il y a effectivement des éléments qui y correspondent, mais j'ai fait mon possible pour m'en démarquer et proposer quelque chose de beaucoup plus sombre, plus cynique. Plusieurs éditeurs ont refusé cette série parce que même s'ils l'aimaient, ils la trouvaient trop « désespérée », trop noire. C'est ce que je voulais, donc finalement, j'ai l'impression d'avoir atteint mon but.

 

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A : Et enfin, quelle est la question que l’on ne t’a jamais posé et à laquelle tu adorerais répondre ?

 

S.D. : Je suis plutôt capable d'imaginer plein de questions auxquelles je n'ai pas envie de répondre, en fait !

Heuuu.... *gros blanc*

Je réfléchis !

Mes mensurations, non, je ne répondrai pas. Le nombre et l'emplacement de tous mes tatouages et piercings... non plus. À combien je vendrais mon âme, je ne sais pas... quel éditeur pourrait me corrompre, motus et bouche cousue...

Si je pourrais tuer quelqu'un ?

J'adorerais répondre oui, mais je crois que j'en serais incapable !

En fait, je crois qu'il s'agit bien de la question la plus « colle » qu'on m'ait jamais posée, là !

 

A : Encore mille mercis à toi, et à très bientôt dans de nouveaux écrits !

 

S.D. : Merci à toi !

 

Le site des Éditions du Riez

 

Le site de Alexandra V Bach

 

Ma chronique du premier tome du Sang des Chimères (anciennement Changelins)

 

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Published by Archessia - dans Interview
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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 12:58

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Archessia : Bonjour J. Heska ! C’est un plaisir de te retrouver ici, merci de nous accorder de ton temps pour répondre à ces quelques questions.

 

J. Heska : Tout le plaisir est pour moi ! Comme c’est la seconde fois que je viens ici et que je commence à me sentir plus à l’aise, je suis venu en pantoufles et j’ai laissé mon costume au placard pour un classique jean / tee-shirt, j’espère que cela ne te dérange pas ;-)

Plus sérieusement, merci beaucoup pour cette invitation !

 

A : Il y a un peu plus d’un an, tu t’étais déjà prêté au jeu de l’interview, pour ma grande joie. Après ce temps, est-ce que certaines choses ont changées pour toi et tes livres ?

 

J : Plein de bouleversements !

Alors, en vrac :  J’ai écrit mon second roman (On ne peut pas lutter contre le système), j’ai plaqué l’éditeur de mon premier roman (Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir), je me suis lancé dans l’aventure de l’auto-édition via Amazon, j’ai plaqué (encore) mon hébergeur de blog actuel et j’ai migré la totalité de mes articles sur Wordpress (une vraie galère, crois-moi), je suis entré dans le TOP vente Amazon, j’ai vendu pour la première fois des e-book via kindle, et plein d’autres choses qui ne méritent pas d’être citées.

 

Bref, en résumé j’ai beaucoup gagné en liberté, au prix d’un travail colossal et de quelques cheveux arrachés, mais je ne regrette rien car je mène ma barque comme je l’entends, et que les choses n’ont jamais autant marché pour moi.

Et côté vie personnelle (petite curieuse ;-) ), rien n’a bougé : je vis toujours avec mon chat colérique dans ma belle, glorieuse et éternelle Dijon bourguignonne.

 

"[...] j’aime observer la façon dont les sociétés se créent, évoluent, se transforment, s’effondrent."

 

A : Instant promo : c’est le moment de nous vendre ton dernier titre, On ne peut pas lutter contre le système. Que dirais-tu aux lecteurs pour leur donner envie de le lire ?

 

J : Allez hop, je vais commencer par mettre le quatrième de couverture, ça ne mange pas de pain :

 

"Le système financier mondial vient de s’écrouler. Il ne s’en relèvera pas, plongeant toute une civilisation dans le chaos.

Lawrence Newton a accepté sa destinée. Il a renoncé à ses espoirs, à ses convictions, et à l’amour de sa vie pour suivre les traces de son père au sein du consortium HONOLA.

Samson Bimda est le chef d’un village au nord de l’Ouganda. Les semences OGM vendues par la compagnie ruinent ses champs et ne lui permettent plus d’assurer sa subsistance.

Clara, Hakim et Louise sont trois militants au sein du mouvement écologiste GreenForce. Au hasard d’une de leurs actions, ils tombent sur des documents compromettants qui vont modifier radicalement la face du monde.

À la veille du plus grand sommet européen déterminant l’avenir de millions de personnes, chacun doit défendre ses intérêts, quitte à en payer le prix le plus lourd."

 

Quel résumé alléchant, n’est-il point ?

Sinon, j’ajouterai que c’est un roman choral qui trace les derniers instants du monde financier tel que nous le connaissons. Un thriller intelligent qui emmène le lecteur aux quatre coins du monde, avec beaucoup d’action, de l’humour, et de l’amour.

Mais attention, même si les sujets évoqués peuvent paraître assez lourds, cela reste avant tout divertissement pur jus ! L’essayer, c’est l’adopter !

 

A : Tes deux romans parus sont très différents l’un de l’autre. Est-ce une envie consciente de te diversifier, ou le sujet s’est-il imposé de lui-même?

 

J : Les deux, mon capichef !

Il y a tout d’abord ma démarche d’auteur qui, effectivement, tend vers la diversification. J’ai besoin d’évoluer, de me lancer des défis, et surtout pas de m’enfermer dans un style. Si je faisais toujours la même, je m’ennuierais et je ne prendrais plus de plaisir. Et puis, je ne veux pas qu’on puisse dire de moi « Boarf, J. Heska c’est toujours la même chose ». !

 

Ensuite, le sujet s’est également imposé de lui-même. Je suis un grand fan de thématique sociale : j’aime observer la façon dont les sociétés se créent, évoluent, se transforment, s’effondrent. Et quoi de plus pertinent pour symboliser nos changements sociétaux actuels que la finance mondiale et l’environnement. La forme du thriller s’est également imposée à moi parce que j’avais envie d’un rythme fort avec de la stratégie de haut vol. Hop, On ne peut pas lutter contre le système était né !

 

"[...] la recherche de la connaissance fait partie du plaisir que j’ai à écrire un roman."

 

A : On ne peut pas lutter contre le système est un roman détaillé, avec beaucoup d’aspects techniques, aussi bien dans l’économie que la science ou même la politique. Je suis curieuse de savoir comment se sont déroulées tes recherches. N’ont-elles pas été compliquées par moments ?

 

J : Mes recherches ont été de deux ordres :Tout d’abord la base théorique sur la finance mondiale et l’environnement : outre une culture générale découlant d’une curiosité naturelle, c'est un énorme travail de recherche et de documentation qui m'a pris presque un an, et pioché un peu partout : livres (j’ai une bibliographie longue comme le bras), documentaires (youtube est une vraie mine d’or), sites web, journaux, etc. Je me suis nourri, j’ai ingurgité, puis j’ai pris du recul pour créer l’arrière-plan du roman.

 

Ensuite, il y a eu beaucoup d’inspiration dans mon quotidien professionnel pour la composante politique et stratégique. Je travaille en effet dans un milieu proche du monde politique (même si je n'en fais pas partie, heureusement), je vis au quotidien les recombinaisons stratégiques, les négociations, les chantages, pour arriver à des finalités qui parfois laissent l’intérêt général de côté. Tout cela a énormément nourri ma réflexion personnelle sur le « système ».

Compliqué ? Pas vraiment, car la recherche de la connaissance fait partie du plaisir que j’ai à écrire un roman.

 

A : Il y a beaucoup de personnages dans cette histoire, et ils sont tous très différents les uns des autres. Y en a-t-ils avec qui tu as pris plus de plaisir à l’écriture?

 

J : Mes personnages sont mes petits bébés à moi, alors me demander celui que je préfère, c’est un véritable crève-cœur ! Tous sont différents et je les apprécie pour leurs qualités et leurs défauts : j’aime l’entêtement et la douceur de Clara, le franc-parler de Louise, le mystère qui entoure Marty, le côté un peu brut de Victor et même, l’inhumanité de Safia.

Mais allez, je vais te faire une confidence. Je craque pour le personnage de Marty, mais c’est le côté grand-gamin-qui-aimerait-bien-être-un-super-espion-international qui s’exprime en moi.

 

A : Personnellement, j’adore le choix de la couverture. Est-ce toi qui t’en es chargé ?

 

J : * Se met à bomber le torse *

 

Et oui, c’est tout moi ! Mon choix initial a été dicté par une volonté de simplicité, d’ergonomie, et aussi, il faut l’avouer, logistique. J’avais depuis longtemps dans l’idée de faire une couverture sobre sans titre ni nom d’auteur, avec un simple logo (j’ai malheureusement dû changer depuis à cause d’Amazon…). N’étant pas graphiste de profession, cette volonté a encore été renforcée quand je suis passé en autoédition.

Mon choix s’est naturellement porté vers le symbole de l’euro, qui résumait toute la thématique du roman. Après divers tests (au début, l’euro était une sorte de néon dans lequel était incrusté des images représentatives du roman), finalement mon choix c’est arrêté sur cet euro en flamme : simple, sobre, efficace, parlant.

 

J’ai d’ailleurs perpétué l’idée, puisque la réédition de Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir reprend ce style de couverture. Les suivantes suivront le même schéma, c’est un peu la marque de fabrique des (auto)éditions Seconde Chance !

 

"Quand j’ai décidé de publier On ne peut pas lutter contre le système, j’ai voulu le faire selon mes conditions."

 

A : Précédemment, tu m’avais expliqué comme il avait été difficile de te faire éditer la première fois. Est-ce que cela a été plus facile cette fois-ci ?

 

J : Facile, oh non. Mais différent, ça c’est sûr ! Pour faire une petite digression, Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir a été publié à vrai compte d’éditeur après bien des galères (comme je te l’avais effectivement raconté lors de la précédente interview). J’ai eu un très grand distributeur, une belle attachée de presse, un éditeur très occupé, une correctrice, un maquettiste, etc.

 

Ce fut une expérience intéressante qui m’a ouvert les yeux sur ce monde qui ne me convenait guère, loin de l’image qu’on souhaite lui donner : mon éditeur n’a jamais pris le temps de lire mon livre, l’attachée de presse avalait des petits fours dans les dîners mondains sans même imaginer faire son travail, les journalistes ne souhaitaient recevoir un service de presse que pour pouvoir le refourguer sur e-bay plus cher (car dédicacé), les librairies ne s’intéressaient qu’à Marc Lévy, le diffuseur s’inscrivait aux abonnés absents. J’ai pris très peur lorsque j’ai vu les commissions que tous ces intermédiaires avalaient goulûment.

 

Comme j’avais dépensé beaucoup de temps et d’énergie pour rien (car au final je n’ai jamais été payé par mon éditeur, une arnaque visiblement courante dans le milieu), je voulais me recentrer sur l’écriture. Quand j’ai décidé de publier On ne peut pas lutter contre le système, j’ai voulu le faire selon mes conditions.

Je me suis donc auto-édité. Dans ce domaine, il y a une volonté, des outils (impression à la demande, livre numérique, etc.) et une énergie qui stimulent ma démarche. Le tout à des coûts réduits. On pourrait croire à tort que cela a été plus simple, mais au contraire, cette démarche réclame un travail phénoménal et une motivation sans faille, car l’auteur est au centre de tout.

Ce n’est pas simple tous les jours, mais j’assume ce prix de la liberté !

 

A : Je me demande, as-tu des petits rituels, des habitudes lors de l’écriture ou des dédicaces ?

 

J : Vu que je ne suis pas trop « rituel », et que ta question m’a posé une vraie réflexion de fond au point de remettre en cause mon moi intérieur, je me suis dit que je devais trouver un truc afin de ne pas me perdre corps et âme dans le mysticisme ;-).

Voici donc en exclusivité le seul petit rituel pour l’écriture : la musique, et pas n’importe laquelle, toujours une bande originale de film. Tu en veux en savoir plus sur ce que j’écoute, tu peux suivre ce lien : http://www.jheska.fr/musique-roman-on-ne-peut-pas-lutter-conre-le-systeme/

 

"Je crois que (l'écriture) c’est une soupape de sécurité ..."

 

A : L’écriture semble avoir une place prédominante dans ta vie. Laisse-nous jouer les voyeurs : comment se déroule une journée type de ton quotidien ?

 

J : Le réveil sonne, je me lève. Je me traîne péniblement vers la salle-à-manger, le chat me saute dessus et miaule à m’exploser les tympans. Je vérifie que la gamelle contient bien un fond de croquettes et puis…

 

Ah, tu veux dire en rapport avec l’écriture ? Et bien en fait, l’écriture a vraiment une place très importante dans ma vie, c’est vrai. Je crois que c’est une soupape de sécurité qui m’empêche de devenir dingue et de débarquer au boulot un fusil à pompe à bout de bras pour tirer sur mes collègues avec un slip sur la tête et tatoué au ketchup sur le torse « no future » (bonjour à mes éventuels collègues qui liraient l’interview) ;-).

Mais pour tout t’avouer, je vis le même quotidien que beaucoup de monde sur cette planète : j’ai un boulot qui me prend beaucoup de temps, une famille, des amis, des obligations, etc. C’est juste qu’au lieu d’aller au foot, de regarder la télévision, voire de dormir, j’écris. J’aimerais avoir plus de temps, mais c’est comme ça !

 

A : Et maintenant ? Que nous réserves-tu pour l’avenir ? Des projets sous la manche ?

 

J : Tout plein, comme d’habitude ! Je prépare le petit troisième, qui va aborder les mêmes thématiques sociétales mais en lorgnant du côté fantastique. Et il n’est pas impossible que je prépare une petite surprise du côté de « Un monde idéal » avant la fin de l’année. Mais chut, ça reste entre nous :-)

 

A : Pour le fun : une question qu’on ne t’a jamais posée et à laquelle tu aimerais répondre ?

 

J : «  Bonjour, je suis un extra-terrestre de la planète ZORG 567 et je suis un vrai fan ! D’ailleurs sur ma planète, vous êtes considéré comme le plus grand auteur de la galaxie, devant Guillaume Musso et l’amide BLORG 567A. Ça vous dirait de prendre ma soucoupe et de faire une séance de dédicace là-bas ? »

 

A : Mille mercis à toi, et à très bientôt pour d’autres aventures !

 

J : Merci à toi ! C’est toujours un grand plaisir de répondre à tes questions. J’espère qu’on pourra remettre ça l’année prochaine !

 

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Retrouvez mes chroniques de :

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir.

On ne peut pas lutter contre le système.

 

Le site de J. Heska.

 

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Published by Archessia - dans Interview
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 15:44

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Ceux qui suivent ce blog depuis au moins quelques semaines savent que je voue un culte assez récent à la nouvelle série Apocalypsis (preuves irréfutables ici et ).

Ces titres m'obsèdent, j'en parle à tout le monde, j'en vante les mérites dès que je peux et j'en ai même rêvé 2-3 fois. Si si.

Du coup, je commençais à développer une certaine admiration pour Eli Esseriam, qui a écrit ces petits bijoux.

Prenant mon courage à deux mains, après bien des hésitations, j'ai contacté la demoiselle et, ô bonheur, a accepté de me consacré un peu de son temps.

J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à écrire les questions de cette interview, et j'en ai éprouvé encore bien plus à la lecture des réponses.

J'espère sincèrement que vous apprécierez de lire cet échange qui me tient à coeur, et si ce n'était pas encore le cas, qu'au moins il vous donne envie de lire les excellents Apocalypsis.

Trêve de blabla, et passons au ... heu ... blabla professionnel !

 

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Je me souviens avoir pensé « Ce sont des adolescents. Il faut être adolescent pour être absolu. Ce sont des adolescents ! ».

 

Archessia : Bonjour Eli. Tout d’abord, je tiens à te remercier chaleureusement pour avoir accepté cette interview. C’est une joie et un honneur pour moi. 

Pour commencer, pourrais-tu te présenter  aux lecteurs s’il te plaît ? 

 

Eli : Ah mais je suis nulle pour les présentations… Ce qui serait au moins une entrée en matière honnête : Bonjour, Eli Esseriam, je suis nulle pour les présentations mais je me rattrape un peu au niveau de la conversation. Plus sérieusement : je m’appelle Eli Esseriam, je suis une infirmière ordinaire de 28 ans qui écrit un peu, de temps en temps, pour échapper à l’ennui. Ou à la réalité. Quoique : ça revient au même non ? 

 

Archesia : Apocalypsis sont tes premiers titres publiés. Sont-ils tes premiers textes ou  as-tu écris autre chose avant ? 

 

Eli : J’ai écrit deux ou trois (mauvais) romans que je n’ai montré à personne, ou presque, et surtout des textes pour des albums. A la base, mon envie était d’écrire des livres pour enfants. Je suis très très amoureuse de ce format. Je ne désespère pas d’y arriver. 

 

Archessia : Pourquoi l’Apocalypse ? Comment l’idée et l’envie te sont-elles venues ? Savais-tu, dès le début, comment tout cela allait se terminer ? 

 

Eli : J’ai été élevée dans une culture très catholique. On m’avait offert la Bible illustrée pour enfants, quand j’étais petite. Ce qui n’était pas fatalement le cadeau dont je rêvais. Mais, d’un strict point de vue littéraire, la Bible regorge d’histoires totalement fantastiques, de héros prodigieux, de personnages romanesques troubles, d’épopées merveilleuses. Je ne peux que conseiller sa lecture à qui serait en mal d’inspiration...

Bref, du fait de cette instruction religieuse, les Cavaliers de l’Apocalypse me sont familiers depuis toujours. Ayant été une adolescente d’une docilité folle et d’une discrétion confondante ( !), ma famille avait pour habitude de dire « tiens, le restant de la colère de Dieu arrive », en me voyant débouler. Ou encore « tu fais plus de bruit à toi toute seule que les 4 Cavaliers de l’Apocalypse ». Un matin où je devais être particulièrement fatiguée des annonces de Fin du Monde, j’ai pensé à eux et je me suis demandé à quoi ils pourraient bien ressembler. Je me souviens avoir pensé « Ce sont des adolescents. Il faut être adolescent pour être absolu. Ce sont des adolescents ! ». J’ai tout de suite eu envie de leur donner un visage, une identité, un passé et un univers.

J’ai téléphoné à Fred Ricou et on s’est mis à faire des plans sur nos quatre comètes. On pensait savoir comment tout se finirait, dès la base, mais on se trompait. Je crois que c’est rarement l’auteur qui emmène son livre quelque part. C’est le livre qui conduit l’auteur là où il le veut. 

 

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C’en est terminé des personnages consensuels, lisses et politiquement corrects.

 

Archessia : As-tu dû faire des recherches spécifiques pour cette série ? 

 

Eli : Oh oui… Et d’ailleurs, c’est sans doute ce que j’aime le plus. Chercher, emmagasiner des faits, collecter des données, avoir envie de tout mettre mais devoir choisir. Et donc renoncer. Pour Alice, c’était assez facile, parce que toutes ses références, ses inclinaisons, ses goûts, sont substantiellement les miens. Je n’ai pas à réfléchir pour parler d’Henri IV, de Botero, de Toscani ou du syndrome d’Asperger. 

Pour Edo, c’était très différent. Je devais faire mienne une culture qui n’est pas du tout la mienne, parler avec passion et douleur d’un pays que je ne connais que par le récit de mes amis. Je remercie encore Vanja Bojanic qui, le premier, a su me faire aimer la Bosnie. Sans ses conseils, ses indications et son regard, Edo n’aurait pas été le même. 

Pour Max, c’était encore autre chose. Il est de culture germanophone. Etant née en Alsace, je n’ai pas eu à faire un effort d’imprégnation particulier. C’était assez évident. 

Elias est définitivement celui qui m’a demandé le plus lourd travail de recherche… C’était parfois très pointu. Un véritable casse-tête. Vous verrez peut-être pourquoi… 

Quoi qu’il en soit, ils m’ont tous beaucoup appris… 

 

Archessia : A quel Cavalier t’identifierais-tu le plus ? Comportent-ils tous une part de toi ou de personnes que tu connais ? Et as-tu une préférence particulière pour un de tes cavaliers ? 

 

Eli : LA question. Je me suis beaucoup amusée à placer les personnages de ma vie, c’est vrai. Ceux que j’aime comme d’autres que je n’apprécie pas du tout, d’ailleurs. C’était un plaisir tout à fait solitaire et franchement délectable. Apocalypsis regorge de clins d’œil, de références, d’anecdotes tirées de mon propre petit univers… 

Parmi mes amis qui ont lu Alice, le premier commentaire spontané était récurrent. « C’est tout à fait toi ! J’ai l’impression de t’entendre parler ! » Il est vrai que j’ai donné à Alice mon Virgile, mes Paul et Barbara Naulin, ma Marie Létang… Mais, concrètement, je ne pense pas qu’Alice soit celle qui me ressemble le plus. Elle est ce que j’aurai pu être si la vie avait été moins douce envers moi. Disons qu’elle est Eli². 

Edo est manichéen, sanguin, colérique. Comme je pourrais l’être si je ne buvais pas des litres de thé et que je ne lisais pas des proverbes tibétains avant de sortir de chez moi... J’ai fait de lui quelqu’un de libre, d’affranchi. Moi qui passe un temps certain à prendre sur moi, à me frustrer, à peser mes mots et réfléchir au sens que je veux leur donner, c’était totalement jouissif de pouvoir balancer tout et n’importe quoi, sans me censurer. Edo est ma part sombre, sans doute. Et ma part tendre, à la fois. 

Max me doit sans doute son côté torturé. Il fait semblant, tout le temps. Il mime l’assurance, il joue la popularité, il simule le bien-être. Tout le monde le trouve charismatique, solaire et enviable. Tout le monde sauf lui-même. Il est très entouré mais il est profondément seul. Ce qui n’est pas le cas d’Alice et Edo qui sont, eux, solitaires. 

Enfin, Elias tient de moi sa vie intérieure. Il se passe tout un tas de choses dans sa vie, dans sa tête et ça reste totalement insoupçonnable, invisible aux yeux du monde. Comme moi, il réfléchit beaucoup trop, il se surveille, se limite, s’empêche. Par égard pour les autres. Il veut bien faire, Elias. Enfin, surtout, il ne veut pas faire mal, ce qui est un peu différent. Il a sans doute ma sensibilité, ma tendance à être nostalgique avant l’heure. 

Mais je me reconnais aussi en Aaron, en Iris Land, en Chazeranne, même… Même les êtres les plus contraires ont des choses en commun.  Et oui, j’ai un Cavalier préféré. Sauf qu’il change en fonction de mon humeur du jour… 

 

Archessia : Alice, surtout au début, est fortement antipathique et beaucoup de lecteurs l’ont même détestée. Edo est ultra violent et assez vulgaire. C’est un pari risqué de faire des personnages si contraires à l’image du héros de roman jeunesse. N’avais-tu pas peur que ça brusque les lecteurs ? Ou au contraire, espérais-tu les bousculer un peu ? 

 

Eli : Je crois que je n’aurai pas pu les faire différents. Je suis quelqu’un qui s’ennuie très vite. Quand j’ouvre un bouquin et que j’apprends dès le premier paragraphe que l’héroïne s’appelle Jessica/Cassandra/Shannon, qu’elle est gentille/douce/adorable en plus d’être belle à en crever/magnifique qui s’ignore/canon sans se la jouer, que ses parents ont eu deux enfants virgule trois, qu’elle réussit en cours tout en faisant du tennis depuis huit ans et qu’elle expose ses toiles à l’occasion, que ses cheveux sont toujours nickel, son teint parfait et son haleine fraiche un soir de raclette, je baille déjà.

C’en est terminé des personnages consensuels, lisses et politiquement corrects. Ils ne sont pas du tout représentatifs de notre société. De notre réalité. Nous vivons une époque fortement antipathique, détestable parfois, ultra violente souvent et assez vulgaire. Je dirai même qu’il nous arrive à tous d’être antipathique, détestable, violent ou vulgaire. Dans nos paroles, nos attitudes, nos envies. C’est humain. Voilà peut-être la différence entre une Jessica et une Alice, entre un Jason et un Edo : les premiers sont des personnages de fiction, les seconds sont des êtres humains. Quoi qu’on en dise… 

 

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C’est vrai que je suis totalement chauvine :  j’estime que nous, français, possédons la plus belle et grande langue de l’univers, voire du cosmos.

 

Archessia : Ce qui marque également dans tes livres, c’est ta plume, à la fois fluide et élégante, sophistiquée et imagée, subtilement travaillée mais jamais prétentieuse (oui, je suis fan, j’assume). On y sent un véritable amour des mots et de la langue française. Est-ce un style que tu as voulu développer pour Apocalypsis ou est-ce simplement ta « patte » que l’on retrouvera dans tes prochains écrits ? 

 

Eli : D’abord merci ! Je laisserai un mot, quelque part, pour signifier mon souhait que ce soit toi qui fasse mon éloge funèbre, au besoin…

C’est vrai que je suis totalement chauvine :  j’estime que nous, français, possédons la plus belle et grande langue de l’univers, voire du cosmos. Aussi, j’ai souvent envie, tel un Œdipe des temps modernes, de me crever les yeux lors de certaines lectures… Je suppose que mon style est celui qu’on trouve dans le tome 1. Parce que, pour m’exprimer comme un Edo, un Max ou un Elias, il fallait modifier la forme, travestir l’ensemble, déguiser un peu mes mots. Quoique… En vérité, je ne sais pas. J’ignore tout à fait ce qui transparaitra dans mes futurs projets, si tant est qu’il y en ait. On verra ! C’est bien de se laisser surprendre, non ? 

 

Archessia : Les quatre premiers tomes sortent à des dates assez rapprochées. Sont-ils prêts depuis longtemps ? 

 

Eli : Je m’étais donnée un an pour boucler Apocalypsis. J’ai écrit les quatre premiers tomes en me donnant 2 mois environ pour chacun d’entre eux. Le dernier, le cinquième, traine un peu… J’y travaille encore. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus confortable, écrire tout en ayant une autre activité professionnelle chronophage et moralement épuisante… Mais Max et Elias sont prêts, ou quasi. Mon charmant éditeur et son équipe doivent être en train de finaliser les ultimes corrections… 

 

Archessia : Les couvertures sont très appréciées des lecteurs. Elles sont superbes et vraiment représentatives de l’ambiance de tes livres. Peux-tu nous dire deux mots sur celles-ci et leur illustrateur, Aurélien Police ? As-tu eu ton mot à dire sur leur création ? 

 

Eli : Ah… Aurélien Police… Pour la petite histoire, j’avais très peur de ce qu’on ferait d’Apocalypsis, niveau couvertures. Je trouve la plupart des illustrations de romans ados atroces. Fred Ricou arguait du contraire et m’a dit un jour « Non ! Regarde le travail d’Aurélien Police, par exemple, c’est superbe ! ». J’ai regardé, j’ai trouvé ça superbe et je ne voulais naturellement plus que lui. Je lui ai écrit pour lui parler du projet et lui dire à quel point je tenais à travailler avec lui. Il a été merveilleux, du début à la fin. Totalement disponible, d’une humilité rare, d’une gentillesse folle aussi. Il a beaucoup travaillé, il s’est adapté aux souhaits de mon éditeur, il s’est remis en question. Nous échangions beaucoup : il me demandait comment j’imaginais mes héros, ce que je tenais à voir apparaitre, il m’envoyait ses essais, ses idées. Quand j’ai vu son enthousiasme, son sérieux et son investissement, j’ai lâché prise : je lui faisais, et je lui fais, totalement confiance.

C’est extraordinaire, presque magique, de regarder une image conçue et pensée par un autre, et se dire « c’est tout à fait Alice ! » ou « Je n’imaginais pas Max autrement… ». Je suis excessivement honorée qu’il fasse partie de l’équipe et j’ai vraiment hâte de découvrir ce qu’il nous concoctera pour le dernier tome... Aurélien, Fred Ricou et Hicham Ayoub Bedran, mon éditeur, ce sont un peu mes trois autres Cavaliers à moi… 

 

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La musicalité des mots, c’est très important.

 

Archessia : Ces derniers temps, on voit de plus en plus de jeunes auteurs percer, et d’apprentis écrivains voulant se faire éditer. Peux-tu nous parler de ton parcours ? As-tu des conseils pour ceux qui chercheraient à se faire éditer ? 

 

Eli : Il faut avouer que je suis très privilégiée : j’ai rencontré Fred Ricou, ce qui reviendrait à tirer une carte chance, et toucher 20 000 francs sans passer par la case départ, si la vie était une partie de Monopoly. Sans lui, Apocalypsis n’existerait pas, ça, c’est une certitude absolue. Il fait un véritable travail d’agent, de conseiller artistique et surtout d’ami (parce qu’être mon ami est véritablement un travail à plein temps et très mal rémunéré, en plus…). Je manque de tout ce qu’il faut à un jeune auteur qui espère être publié : la patience, la patience et la patience. De fait, Fred Ricou me prête souvent un peu de la sienne, qui semble inépuisable. Je l’ai torturé, tyrannisé, malmené et agacé, voire atomisé. Et il est resté quasi imperturbable,  serein et fidèle. Il est resté tout court. Il a énormément de mérite et gagne à être connu… 

Donc, des conseils ? De ma part ? Voyons : ce n’est pas sérieux ! Ah si, quand même un : ne jamais céder aux sirènes de l’autoédition. C’est du discrédit, de l’amateurisme et du bas de gamme en pagaille. De plus, « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », et quelle gloire y a-t-il à payer pour être publié ? Comme dirait le Che, « Soyez exigeants : demandez l’impossible. ». 

 

Archessia : As-tu des idées pour d’autres romans après Apocalypsis ? 

 

Eli : Non. Enfin… Disons que non, c’est plus sûr. 

 

Archessia : As-tu une petite anecdote à partager avec nous concernant Apocalypsis ? As-tu des habitudes, des rituels d’écriture, de dédicaces, etc ? 

 

Eli : Voyons… Je ne peux pas avancer tant que Fred n’a pas validé un chapitre. Ce qui est assez handicapant pour lui comme pour moi. Mais c’est ainsi ! J’ai une « playlist » spéciale Apocalypsis et propre à chaque Cavalier. C’est très aidant pour s’immerger dans un univers autre que le sien. J’écris donc parfois en musique et ce sont généralement les meilleurs passages. Et puis je relis à voix haute tout ce que j’écris. La musicalité des mots, c’est très important. 

 

Archessia : Quels sont tes auteurs favoris, ou les titres qui t’ont vraiment marqués ? 

 

Eli : Je voue un culte à Kundera, ça va finir par se savoir… Il est simplement immense. Si je le croisais, je pense que je tomberai à genoux, en parfaite ersatz de Bernadette Soubirous. Je suis sensible aux titres comme d’autres le sont aux fleurs ou aux carats. Qu’on m’offre un joli titre et le tour est joué. Du coup, « L’insoutenable légèreté de l’être », de Kundera, « le potentiel érotique de ma femme » de David Foenkinos, « Le magasin des suicides » ou « Charly 9 », de Teulé, « De l’inconvénient d’être né », de Cioran, « Extrêmement fort et incroyablement près », de J. Safran Foer, « Stupeur et tremblement » de Nothomb, « les racines du ciel » de Gary, « Cent ans de solitude » de Marquez, « Résurrection » de Tolstoï, « Le liseur » de Schlink, tout ça ne peut que me plaire. Il y en a tellement d’autres… Une collection toujours incomplète. 

 

Archessia : Et pour terminer, le mot de la fin ? Que dirais-tu pour donner envie aux lecteurs de se plonger dans Apocalypsis ? 

 

Eli : Je dirais « Il parait que Michael Jackson est deg’ d’avoir raté ça… Mais dès que Martin Luther King l’aura lu, après l’avoir lui-même emprunté  à John Lennon, Bambi pourra le récupérer. Eh oui : c’est une série homologuée dans l’au-delà, Dieu seul sait comment et pourquoi… »

 

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J'envoie des brassée entières de mercis à Eli, pour sa disponibilité, sa franchise et sa sympathie.

Ce fut une expérience géniale, et j'espère que vous avez eu autant de plaisir à lire cette interview que moi à la préparer.

 

Quelques liens pour compléter cette interview :

 

Le superbe dossier de presse d'Apocalypsis.

 

Le site d'Apocalypsis, avec extrait et magnifique vidéo.

 

Les Histoires Sans Fin, site de Fred Ricou.

 

Le Blog d'Aurélien Police, illustrateur des couvertures.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 13:19

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Vous devez sûrement connaître Book en Stock maintenant. Non ?

 

Ce super blog tenu par deux copines, Dup et Phooka, où la bonne ambiance et les surprises sont toujours de mise, a instauré il y a quelques temps "Le mois de ..."

Chaque mois, les deux lectrices mettent en avant un auteur francophone, avec moult interviews, recensement de chroniques, lectures communes et autres joyeusetés !

En février, c'est Mathieu Gaborit qui est à l'honneur, et encore une fois, ça grouille d'animation !

 

J'ai d'ailleurs la joie et l'honneur de participer à une lecture commune avec le duo de choc et toute une belle bande de blogueuses.

Nous allons lire ensemble Chronique du Soupir, qui m'intriguait depuis longtemps déjà. Inutile de vous dire que je suis impatiente de commencer !

 

Alors, pour TOUT savoir sur Mathieu Gaborit, et pour avoir l'occasion de lui poser plein plein PLEIN de questions, c'est par ici que ça se passe !

 

Book en Stock

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 21:50

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Déjà, si vous ne connaissez pas encore Bookenstock, c'est le moment de réparer cette lacune !

Ce duo de lectrices tient un blog où les livres se succèdent sans se ressembler, et il est inutile de penser se perdre dans ces pages sans ressortir avec une wish-list grande comme le bras.

 

Si vous ne connaissez pas Thomas Geha, ces demoiselles vont vous le présenter en long, en large et en travers !

Thomas Geha, c'est un auteur talentueux mais également Monsieur Ad Astra. Ça vous parle, là ?

En tout cas, septembre sera vraiment l'occasion de faire sa connaissance, car pendant tout le mois, il sera à l'honneur sur Bookenstock, avec la mise en avant de ses titres, des chroniques et plusieurs interventions de l'homme à la double casquette.

 

Alors, allez-vous sauter sur cette occasion ? Moi, en tout cas, je sais où je vais passer pas mal de temps sur la toile le mois prochain ...

 

Pour TOUT savoir sur Thomas Geha, c'est ici que ça se passe !

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 18:05

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Ouééé ! Ma première interview !  *toute fière*

Pour celle-ci, j'ai eu le plaisir de discuter avec J. Heska, auteur de Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir. J'ai découvert une personne vraiment très sympathique, drôle, ouverte et intéressante.

C'est dopnc avec beaucoup de joie que je vous transmets cet entretien, en espérant que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j'ai eu à le réaliser ! 

 

1) Cher J. Heska, bonjour. Tout d’abord, un énorme merci de bien vouloir te prêter au jeu de l’interview pour le site. Pour nos lecteurs, peux-tu te présenter s’il te plaît ?


Bonjour, un grand merci également à la rédaction de Lire Ou Mourir pour cette interview (et pour la chronique très sympa sur mon livre, les 40kg de chocolat arriveront bien la semaine prochaine, comme prévu).

Alors, pour me présenter rapidement : je suis un jeune auteur de 27 ans, passionné par la littérature, le cinéma, la B.D., les jeux vidéo et le monde qui m’entoure. Je suis également rédacteur du blog « L’univers de J. heska » (http://www.jheska.fr) dans lequel je mets en scène mes délires quotidiens et vrai écrivain publié depuis le 14 février.

Mon roman Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir, est disponible dans toutes les librairies, et a la chance de connaître son petit succès grâce au bouche à oreille !

 

2)  Commençons par le début : qu’est ce qui t’as donné envie d’écrire, à la base ?


Comme tout « artiste », je pense que l’envie vient du besoin vital d’expulser des idées d’un esprit trop encombré, afin d’éviter la schizophrénie.

Pourtant, initialement, rien ne me prédestinait à écrire. Contrairement à beaucoup d’écrivains, je n’ai pas commencé dès ma plus tendre enfance à dévorer l’intégrale de Kant. J’avais d’autres intérêts. La littérature, je trouvais ça trop lent, introspectif, compliqué, et peu inventif…  

Et puis le déclic a eu lieu peu après mon adolescence. J’ai découvert des œuvres qui ont su m’intéresser et, en parallèle, une certaine maturité d’esprit m’a amené à percevoir le pouvoir des mots. J’ai alors commencé à écrire de façon beaucoup plus sérieuse. J’ai cultivé ce goût. Et je ne me suis pas lassé.

 

3)  Quels sont tes auteurs préférés, ainsi que les livres qui ont marqués ta vie de lecteur ?


Je n’ai pas à proprement parlé de « maître spirituel jedi » qui me guiderait littérairement, ce sont plutôt des œuvres particulières qui me font vibrer.

Mon roman préféré est « Dragon Déchu » de Peter F. Hamilton, parce que je m’identifie énormément au héros. Si quelqu’un souhaite un jour connaître les rouages de ma psychologie, je lui conseille ce livre !

Sinon, les autres romans qui m’ont influencé sont La Guerre du feu, et la façon très brute de Rosny Aîné de décrire les scènes de combat ; Le meilleur des mondes, de Huxley, où j’ai découvert la construction d’un univers crédible basé sur des principes sociétaux complètement différents ; Band of brothers de Stephen Ambrose (qui n’est pas un roman à proprement parler) mais qui prend d’autant plus de profondeur que les évènements racontés sont véridiques.

Et sinon, j’ai adoré Spin de Robert Charles Wilson, un des derniers livres que j’ai lu, même si je l’ai trouvé un peu longuet (je suis très mauvais public). Et j’ai presque fini le chef-d’œuvre de Gracianne Hastoy, Une vie plus loin !

 

4) Comment t'es venu l'idée de cette histoire ? Savais-tu dès le début comment elle allait évoluer ?


L’idée de cette histoire m’est venue comme toutes les autres. Un flash, un jour où j’ai assisté à un comportement peu glorieux dans une file d’attente. La petite lâcheté quotidienne d’une personne qui passe devant tout le monde en faisant semblant de ne rien remarquer. Je me suis alors demandé ce qui se passerait si les autres, au lieu de ne pas réagir, se rebellaient, et remettaient le fautif dans le droit chemin. La base du mouvement cimondiste, au cœur du roman, venait de naître.

Ensuite, tout est venu naturellement. Le fond : l’enchaînement de l’action, les personnages, etc. et la forme : un récit à la première personne sous forme d’un journal intime.

Et après une longue phase de maturation dans mon esprit, j’ai écrit le roman, presque d’un seul trait, en quelques semaines. Je savais donc dès le début où j’allais aller. Sauf pour la fin exacte. Je me réserve toujours une petite surprise.

 

5) Ce fameux Jérôme, il est très facile de s'identifier à lui. Est-il quelqu'un de réel, un amalgame d'expériences personnelles et de témoignages ou sort-il tout droit de ton imagination ?


Un peu des trois ! Jérôme est en fait construit sur une base de moi-même adolescent qui serait resté bloqué dans un certain enfermement psychologique. J’y ai rajouté des bouts piochés à droite à gauche dans mon entourage, et d’autres inventés. On obtient donc une espèce de pantin rapiécé qu’il convient d’animer.

C’est ce que je fais en lui collant une expérience, une trajectoire personnelle, des envies, des comportements, un physique, des tocs, des blessures. Est-il plutôt thé ou café ? Est-il battant ou résigné ? Qu’achète-t-il au supermarché ? A-t-il manqué d’amour paternel durant son enfance ? A-t-il des douleurs musculaires ? Est-il beau ?

Je réponds à toutes ces questions pour Jérôme, puis pour chacun de mes personnages. Et quand tout est assez mûr dans mon esprit, je les lance sous les projecteurs.

 

6) Ton style est très fluide, les mots glissent tout seul. L'écriture a t-elle été facile ou as-tu eu des difficultés par moments ?


Je vais te dire un secret : pour ce roman, l’écriture a été beaucoup plus facile que les autres, car il est écrit à la première personne du singulier. Forcément, le « je » implique une personnification de l’écriture qui rattrape les faiblesses de l’auteur. Un mot mal employé, une répétition, un vocabulaire approximatif, une description trop sommaire, l’utilisation de gros-mots, et c’est le personnage qui porte le chapeau. Après tout, c’est lui qui rédige son journal intime !

Après, certains chapitres m’ont posé plus de problèmes que d’autres. Mais lorsque se présente une difficulté de ce type, j’ai deux méthodes pour les contourner : soit j’y reviens plus tard, quand j’aurais plus d’inspiration, soit je me force à écrire ce qui me passe par la tête, sans chercher la cohérence, pour y revenir lors de mes phases intenses de correction.

 

7) Il n’est pas évident pour un jeune auteur de se faire éditer. Quel a été le parcours de ton histoire avant de se retrouver chez les libraires ?


Un vrai parcours du combattant ! J’ai frappé aux portes des plus grandes maisons d’édition françaises, un peu naïf que j’étais, pensant sincèrement que si j’envoyais 130 manuscrits, j’aurais au moins une réponse positive… Avec le recul, je me dis que j’aurais pu épargner la vie de nombreux arbres…

Finalement, un soir de déprime, je marque sur mon profil Facebook que je renonce à l’édition standard et que je souhaite m’auto-éditer. Et puis, un débat s’engage avec plusieurs personnes, notamment sur le fait que si mon livre n’a pas trouvé preneur, c’est qu’il est mauvais. Un d’entre d’eux, un éditeur pour une maison d’édition québécoise (Transit Editeur) que je ne connaissais pas, s’engage à le lire à m’en faire une critique détaillée. Je lui envoie le manuscrit, sans trop y croire. Quelques temps plus tard, je reçois une réponse : ils ont adoré le manuscrit, et souhaitent le publier !

Mon aventure commence.

 

8) Tu es très présent sur internet, que se soit via ton blog, Facebook ou encore Twitter. Pour toi, simples passe-temps ou véritables outils de communication et de promotion ? Ont-ils aidés au succès de ton livre ?


J’étais déjà très présent sur Internet avant même la publication de mon livre, au travers de mon blog (« L’univers de J. Heska », http://www.jheska.fr), et des réseaux sociaux. Le blog répondait d’ailleurs à mon objectif 100% narcissique de pouvoir enfin être lu. C’est aussi un laboratoire dans lequel j’expérimente un certain nombre de choses. Donc, point de stratégie marketing liée à la sortie de mon livre. Le blog est d’ailleurs resté un espace libre et sans contrainte où je continue à mettre régulièrement mes petits délires quotidiens et où je parle, finalement, assez peu du livre.

Facebook et Twitter se prêtent plus facilement au sujet de la promotion, car on est dans l’échange très interactif et l’instantanéité. Lorsque je rentre dans le TOP FNAC, je ne peux m’empêcher de le hurler sur Facebook ou sur Twitter. Et puis, il faut avouer que la sortie du livre et son cortège de petites infos m’ont permis de remplir plus facilement mes statuts. Les gens en avaient marre de voir des photos de mon chat !

L’impact d’Internet dans le succès du livre reste très difficile à évaluer, mais je pense tout de même avoir pu bénéficier d’un effet « buzz » assez important. Mais c’est aussi parce que tout ce que j’entreprends est avant tout lié à une envie, et pas à des raisons marketing.

 

9) As-tu d’autres projets en cours ?


Oh oui, plein ! Je suis accaparé en ce moment par la sortie de mon livre, les contacts presse, les dédicaces, les projets que j’essaie de construire (dont Hermès, le livre voyageur, une chaîne de blogueurs qui s’envoient le roman), le blog, mais je suis en train de réfléchir à mon second livre, qui serait dans la veine de Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir avec une composante plus orientée « Thriller économique ».

Et pas de projet dans l’immédiat de Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir 2, le retour ;-).  

 

10) Le mot de la fin pour les visiteurs de Lire Ou Mourir ? Comment leur donner envie de lire Pourquoi les gentils ... ?


Oh… J’ai déjà donné plus d’une centaine de raisons d’acheter mon livre ici : http://www.jheska.fr/pages/100_bonnes_raisons-4651157.html

Mais, pour être plus sérieux, si vous voulez faire la promotion d’une littérature sympa et surtout, de permettre à un jeune auteur de sortir un jour son second livre, précipitez-vous dans vos librairies ! N’hésitez pas non plus à découvrir les premières pages du roman ici : http://www.jheska.fr/pages/pourquoi-les-gentils-extrait-4455114.html

Et pour le mot de la fin : Merci ! (ou pouet, mais c’est un peu ringard)

 

Je te remercie beaucoup d'avoir pris de ton temps pour nous offrir des réponses claire, drôles et très intéressantes.

 

Cette interview a été réalisée dans le contexte d'un partenariat avec Lire ou Mourir.

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:57

Darkiss a publié une interview qu'ils ont réalisés de Maria V. Snyder, auteur des Portes du Secret et de Inside Out (dont vous pouvez trouver ma chronique sur Place To Be)

 

 

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DARKISS : D’où l’idée de « Inside Out : Enfermée » vous est-elle venue ? J’ai lu que l’histoire était née dans un de vos rêves, mais d’autres événements vous ont-ils inspiré pour l’écriture de ce roman ? Par exemple, je suis particulièrement intriguée par la manière dont les personnages du Cube mesurent le temps : en semaines et en centisemaines.

Maria V. Snyder : Oui, l’histoire vient bien d’un rêve. Mais j’ai inventé certains éléments, bien sûr, pour  que le rêve devienne un véritable roman. L’idée d’utiliser les semaines vient en réalité de ma fille. Elle était fâchée contre son frère et lui a dit qu’elle « ne lui parlerait plus pendant un million de semaines ». Elle a alors réfléchi et m’a demandé combien de temps représentait un million de semaines. J’ai  calculé : cela représenterait 19.000 années. L’anecdote m’est ensuite sortie de la tête. Puis, quand j’ai commencé à réfléchir à la manière de représenter le temps dans le Cube, les semaines m’ont paru plus évocatrices que les années. Les centisemaines sont comme les centimètres : le monde que j’ai créé repose sur une base 10 pour toutes les mesures, donc les centi et les déci fonctionnent sans problème !

 

 

DARKISS : Avez-vous dû faire des recherches spécifiques avant de commencer l’écriture de « Inside Out : Enfermée »?

Maria V. Snyder : Oui. Les recherches préliminaires pour écrire « Inside Out » ont été assez ardues ! Plus que mes précédents  romans ! Ainsi, je me suis beaucoup documentée sur le traitement de l’eau, le recyclage, l’hydroponie, dans des ouvrages spécialisés ou sur Internet. Je me suis mise à l’escalade en salle, aussi,  pour avoir une idée de la manière dont les muscles de mes bras et de mes jambes réagiraient après des heures passées à monter et descendre dans des tuyaux de climatisation, comme mon héroïne, Trella… En fait, ils étaient en compote !

 

 

DARKISS : « Inside out » nous entraîne dans un univers où il ne fait pas bon être claustrophobe, avec ces nombreux tuyaux, ces canalisations... Pourquoi cette architecture ?

Maria V. Snyder : Si l’idée du Cube et de son agencement m’est venue en rêve, je pense que son origine profonde remonte à mon enfance, du vivant de  mon père. Il était réparateur de systèmes de chauffage et de climatisation, et je l’accompagnais lorsqu’il était appelé, le week-end. Parfois, je l’aidais. Sur certains sites industriels, notamment. Par exemple, je me souviens m’être glissée dans des endroits très étroits pour l’aider à réparer.

 

 

DARKISS : Trella a eu une enfance très particulière, qui l’a rendue extrêmement méfiante vis-à-vis de son entourage, ces personnes qui vont pourtant avoir besoin d’elle pour survivre. Vous avez voulu que ce soit précisément un personnage méfiant, solitaire, qui ensuite comprenne, progressivement, qu’on ne peut pas vivre sans les autres ?

Maria V. Snyder : Oui, je souhaitais à la base que Trella haïsse en quelque sorte le monde autour d’elle, et les habitants qui peuplent le Cube, à l’exception d’une seule personne, en qui elle a confiance : son ami Cogon. Ensuite, en effet, elle va peu à peu apprendre que ce qui l’entoure n’est pas forcément aussi mauvais qu’elle le pensait, que les choses ont une histoire qui les explique et les rend réversibles ; ce qui va amener sa vision du monde à évoluer au cours du roman, avec l’enrichissement de son expérience. J’aime mettre mes personnages dans des situations difficiles afin de voir comment ils vont y faire face, et se dépasser.

 

 

DARKISS : De quel personnage vous sentez-vous la plus proche ?

Maria V. Snyder : J’aurais aimé être indépendante comme Elena (dans la trilogie « Les portes du secret ») ou Trella, mais au final, je suis plus proche d’Opal (l’héroïne de la série « Storm Glass », pas encore parue en France, qu’on aperçoit dans le dernier tome des « Portes du secret »). Mais en fait, quand j’étais au collège et au lycée, je n’avais que peu confiance en moi et j’étais très sensible au regard des autres, à ce qu’on pouvait penser ou dire de moi.

 

 

DARKISS : « Inside Out : Menacée » sort en décembre 2011 en France.  « Inside Out : Enfermée » a-t-il été écrit au départ comme un roman à part entière ou aviez-vous déjà en tête une suite ?

Maria V. Snyder : Mon idée première était d’écrire « Inside Out : Enfermée » en tant que roman unique. Mais au final, comme avec mes autres romans, il appelait une suite ! 

 

 

DARKISS : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre prochain roman,  « Inside Out : Menacée » ?

Maria V. Snyder : Pas trop ! Je ne veux surtout pas dévoiler les rebondissements de « Menacée ». Sachez seulement que  nous continuons de suivre Trella dans ses aventures, pour voir comment elle — et les habitants du Cube — vont faire front devant la nouvelle menace qui se présence à eux. Une menace qui, cette fois, vient de l’Extérieur…

 

 

DARKISS : Une habitude ou un rituel original à partager avec nous ?

Maria V. Snyder : Quand je dédicace des livres, j’aime que la couleur du stylo avec lequel je signe soit coordonnée  à la couverture du livre en question. J’ai toujours cinq couleurs différentes avec moi !

 

 

DARKISS : Une dernière pensée à partager avec nous ?

Maria V. Snyder : J’aimerais ajouter que, parce que le fonctionnement et l’agencement de l’Intérieur du Cube peut être difficile à imaginer, j’ai posté des cartes de l’Intérieur sur mon site Internet : http://www.mariavsnyder.com/maps.php. Cela complète ainsi bien la lecture de  « Inside Out : Enfermée ».

 

 

Merci à Ivy et Katie de YAreads ( www.yareads.com/) et à Dwayne de Withoutabookshelf ( www.withoutabookshelf.blogspot.com/) pour nous avoir autorisés à utiliser en partie leurs interviews de Maria V Snyder.

 

Le site officiel de l'auteure :  http://www.mariavsnyder.com/

 

(Source : Facebook officiel de Darkiss)

 

Merci à Darkiss pour la mise en ligne de cette interview très intéressante d'une auteur talentueuse !

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